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Il
pique tout le temps des colères...
La colère
chez le petit enfant est une réaction tout à fait normale. Elle fait
partie de son développement et peut l’aider à la fois à
s’affirmer et à se défendre.
Ne vous alarmez donc pas si votre enfant trépigne, se roule par terre
ou court dans tous les sens en lançant des coups de pieds rageurs, y
compris dans votre direction. C’est sa manière à lui de manifester
bruyamment son mécontentement.
Confronté à ce problème, commencez par accepter le fait que votre
enfant est comme tous les autres et qu’il ne peut être calme, détendu
et gentil 24 heures sur 24. N’allez pas non plus imaginer qu’il est
particulièrement capricieux, entêté ou instable parce qu’il change
parfois subitement d’humeur. Essayez de comprendre les raisons de son
comportement et adoptez la réaction la plus appropriée, cela vous évitera
beaucoup de tensions et d’inquiétudes inutiles.
Pourquoi
fait-il des crises de colère ?
En principe, avant
un an, votre enfant exprime par la colère un malaise
physiologique qu’il ressent : il a faim, soif… A vos yeux,
cette réaction est compréhensible et donc parfaitement justifiée.
En grandissant, vers 2 ou 3 ans, la colère traduit plutôt une réaction
face à une agression psychique.
Votre enfant vit un véritable conflit intérieur et est tiraillé entre
son désir de liberté et d’autonomie, et le besoin d’être en
permanence en contact avec vous.
Il veut affirmer, conquérir son indépendance et se libérer de votre
tutelle. Mais paradoxalement, il a envie de conserver son statut privilégié
de bébé, qui le préserve et le protège des agressions extérieures.
Bref, votre enfant veut alors tout faire tout seul… tout en restant
continuellement dans vos jambes ! C’est également à cet âge
qu’il se lance à l’aventure et à la découverte de son
environnement. Dès lors il commence à entreprendre beaucoup de choses
avec la volonté de réussir, malgré les difficultés ou les
interdictions parentales. A ce moment là, la moindre contrariété, le
moindre obstacle déclenche chez lui un sentiment de frustration qu’il
exprime par la colère.
Comment
se manifestent les crises de colère ?
Votre enfant peut
faire une crise de colère chaque fois qu’il se sent faible,
incompris, mal aimé, ou injustement traité.
Chez le jeune enfant, les crises de colères sont brèves, mais
peuvent parfois être très violentes, ce qui, les premières fois, peut
désarmer les parents.
En plus des cris et des pleurs, l’enfant peut jeter, voire casser tout
ce qui passe à sa portée et prendre à partie quiconque lui barre le
chemin. Sous l’emprise de la colère, il risque également de se
blesser en heurtant un mur ou un meuble.
Le spasme du sanglot est une autre expression de la colère, qui
est plutôt fréquente à la suite d’une réprimande ou d’un refus.
Il commence par des sanglots bruyants, puis le souffle de l’enfant
s’accélère, les yeux se révulsent, avant que la respiration ne se
bloque. Son teint vire alors au bleu et il perd connaissance avant de
tomber à terre. Là, ses muscles se relâchent ou, au contraire, se
raidissent, tandis que les jambes et bras sont pris de convulsions. La
perte de conscience dure quelques secondes. Rassurez-vous, le spasme du
sanglot est très impressionnant à vivre, mais ne présente pas de
danger.
Quelle
attitude adopter ?
Gardez votre calme et évitez que votre enfant ne se fasse mal, mais ne
le forcez pas à venir dans vos bras. Certains enfants ne supportent pas
qu’on entrave leurs mouvements, le simple fait de les toucher ayant
pour effet de décupler leur colère. La plupart du temps, vous avez
tout intérêt à ignorer les crises de colère et à les laisser passer
d’elles-mêmes, sans intervenir. De toute façon, lorsqu’un enfant
est hors de lui, le plus souvent, rien n’y fait : ni la
consolation, surtout pas la fessée et encore moins la douche froide !
Bien entendu, ne cédez pas aux caprices de l’enfant pour retrouver la
tranquillité, mais armez-vous de patience. Si vous lui ordonnez ou
interdisez quelque chose, restez ferme et ne donnez pas à votre enfant
le sentiment qu’il lui suffit de pousser un hurlement pour vous faire
changer d’avis. Assurez-vous cependant que vos exigences sont exprimées
clairement et comprises par l’enfant.
Après
une crise de colère, prenez votre enfant dans les bras, consolez-le et
cherchez avec lui comment il aurait pu faire pour maîtriser la
situation qui a déclenché sa colère. Ne le menacez jamais de ne plus
l’aimer.
Evitez également de le punir, car les crises de colère font partie de
son développement normal. Par contre, les colères rentrées ou déviées
peuvent provoquer des comportements négatifs : énurésie,
rongement des ongles, cauchemars et angoisses nocturnes.
Peut-on
éviter les crises ?
Donnez le bon exemple à vos enfants. Un enfant élevé dans le
calme, et dont les parents se mettent rarement en colère est moins
sujet aux crises de colère qu’un enfant de parents coléreux.
Montrez-lui que vous l’aimez, mais que vous n’avez de préférence
ni pour lui, ni pour ses frères et sœurs. Un enfant qui se sent accepté
et en sécurité fait moins souvent des crises de colère qu’un autre.
De même, un enfant en bonne santé, qui dort bien et peut jouer à son
aise se fâche plus rarement. Evitez les interdits superflus. Votre
enfant a besoin de votre aide pour conquérir son indépendance. Ne
freinez pas ses progrès par des critiques trop fréquentes mais, au
contraire, encouragez-le constamment. Si votre enfant s’attaque seul
à des objectifs qu’il ne peut atteindre, il se découragera. Il doit
de temps en temps être confronté à l’échec… à condition de
rencontrer aussi la réussite ! Fournissez-lui l’aide nécessaire
mais ne faites pas les choses à sa place. Evitez les attitudes
hyper-protectrices.
Si les
crises de colère persistent après 4 ans… parlez-en à votre médecin,
il pourra vous diriger vers des solutions adéquates.
Conseils
publiés par le
Ministère de la Santé
Division de la Médecine Préventive et Sociale
"L'épanouissement de mon enfant"
Pour information: 478 55 66 Pour recevoir la brochure: 478 55 69
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